Mardi 10 mars 2009
2
10
/03
/Mars
/2009
11:56
Tout se joue dans la différence du mot "clandestin" au pluriel et au singulier.
Oui, bien-sûr !,
tout le monde sait qu'en France il y a des clandestins (des gens qui vivent en cachette, en clandestinité ...dit le dictionnaire)
Mais au fond,, je fais comme si je ne le savais pas, je ne les voyais pas.
Ce film fait tout basculer, des clandestins en général
,
on rentre dans
le coeur
d'UN
clandestin en particulier, BILAL.
On rentre dans ses émotions, dans sa détresse, dans sa détermination à vouloir passer en Angleterre pour rejoindre MIna, une très jolie fille, qu'il aime!
Bilal, déterminé, a déjà marché, usé ses forces pour atteindre les 4000km qui séparent l'irak à la France.
Une seule chose l'obsède la rejoindre en Angleterre.
Bilal est kurde, il a 17 ans et n'envisage qu'une solution possible pour cela "y aller à la nage"traverser la manche et ses
courants de Calais à Brighton...
Pour cela, il faut qu'il maîtrise parfaitement la technique du crawl.
Il prend alors quelques cours à la piscine de Calais où il rencontre un maître nageur presque impersonnel , dur et méfiant au départ.
mais...
leurs regards se
croisent, leurs émotions se partagent!
Vincent Lindon, Simon, (le maître nageur) transforme soudainement sa vie en prise de
risque, hébergement, aide, amitié pour ce jeune homme..
le
coeur l'emporte alors sur la
raison.
Le film dépeint une France, dont je ne suis pas particulièrement fière, avec des positions de rejets extrêmes des 'immigrés, qui ,ne sont plus alors
considérés comme des hommes.
"Non assistance en personne en danger" vient se confronter à une politique d'exclusion et de fermeté
extrême.
"slogan" de la police :" tu en aides un et 50 autres vont arriver!"
Oui mais voilà ils sont là!
Et si ton chemin vient à croiser le leur ,plus intimement ,ta vie est bouleversée ...si tu as encore un peu de coeur;
Refoulés , dénoncés, humiliés, ils sont traités comme des bêtes à poursuivre, ....
Pas d'accessibilité pour eux dans les magasins pour acheter un simple savon, ils
sont trop suspect, trop dérangeant.
Le voisin de pallier
les dénonce,malgré un welcome bien écrit sur son paillasson.
Des mots , juste des mots mais pas une pincée d'humanité sur les maux des autres!
Le voisin est un personnage commun et humainement odieux mais au fond ,n'est-ce pas un peu de chacun de nous aussi...?????
A questionner???
(iI est tellement plus facile d'ignorer, moi la première!)
Film touchant, impliqué," prenant",joué de manière remarquable par Vincent Lindon
(simon) qui bouleverse par son authenticité et Firat Ayverdi (Bilal) très poignant dans sa sensibilité et sa volonté d'y mettre le ton
juste.
L'histoire est Triste, le footballeur que Bilal rêvait d'être dans son pays, surnommé "BAZDA,
le coureur," ne sera pas acclamé par ses supporters anglais à l'arrivée, pour sa performance presque olympique de nage libre .
Le programme imposé est plus dur et lui sera fatale.
C' est un film à voir, revoir, et à discuter...
J'ai eu la chance d'être à la première ,avec une présentation du film par le réalisateur Philippe Lioret et Vincent Lindon;
Tous les deux, des hommes simples et humains.
Vincent Lindon, presque timide et modeste, touché infiniment par le personnage du film et révolté par la situation des immigrés en France.
Alors dès que vous l'avez vu , .....vite! venez échanger avec moi;
Ce sera un vrai plaisir d'accueillir vos mots et vos ressentis.
merci!
Par Eveligne
-
Publié dans : bulles de cinéma
-
3
Derniers Commentaires